Hermann Albert

 

Le peintre crée une réalité artistique parallèle à celle de la vie

 

 

Hermann Albert

Le conformisme n'est pas l'apanage d'Albert qui ne cherche pas à attirer le public par une peinture choc porteuse de toutes les souffrances de la société. Hermann Albert peint des personnages pacifiques dans des paysages «idéalisés» où l'être humain est intemporel, éloigné des soucis psychologiques et sociaux. Sans se définir comme un optimiste forcené, il tient à se préserver de la tristesse par la représentation de la beauté de la nature, d'une nature dont le processus de dégradation est malheureusement bien entamé et irréversible.


"Frau, Pferd und Berg", huile sur toile, 1985, 218 x 200 cm

 


"Frauen in Römischer Landschaft", huile sur toile, 1985, 218 x 200 cm

« Je voudrais peindre l'homme dans son intégralité, en accord avec le paysage idéal mais il y a une différence entre le paysage «originel» et ce que nous entendons actuellement par le terme paysage. La nature a cependant conservé sa force, bien qu'elle ait subi de nombreux changements,un arbre reste un arbre; même s'il appartient à une espèce en voie de disparition.
Je m'intéresse simplement à son existence. Le monde, y compris celui de l'art et de la littérature, devrait se remettre de ses tentatives continuelles de conjurer la destruction. L'artiste, affecté par cette folle recherche des limites dé l'imagination, y entraîne naturellement les autres, il cesse alors d'être un témoin pour faire preuve de son manque de sensibilité.
Le monde ne s'arrêtera pas demain ou après demain, seule notre appréhension nous le fait imaginer; je suis conscient de ce phénomène quand je peins et ce que je veux conjurer est tout à fait à l'opposé des autres. Je crois fermement au pouvoir de l'imagination.
Dans cette peinture que je qualifierai de fondamentale, je cherche à exprimer simultanément la tranquillité absolue et le mouvement perpétuel qui nous environne. Nous ne pouvons plus savourer cette quiétude que dans la peinture et c'est ce qui me semble être la nouvelle chance de l'art: le peintre crée une réalité artistique parallèle à celle de la vie qui nous permet de nous orienter.»
La sérénité qu'apporte sa peinture est en contradiction avec la violence des expressionnistes. Bien qu'il soit considéré comme un des chefs de file du mouvement néoréaliste allemand et qu'il compte parmi ses élèves des peintres tels Schindler ou Chevalier, Hermann Albert, à près de cinquante ans, ne semble pas avoir conquis la reconnaissance dans son pays d'origine. Son succès fut pourtant important dernièrement à New York.

Jacques Magnol - L'Impact - novembre 1985

 

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