Elvira Bach
Fantasmes
« J'habite Berlin et ma peinture exprime mes fantaisies, mes réflexions par rapport à l'homme et son environnement; alors on m'ouvre le tiroir de « l'Expressionnisme Berlinois». C'est si simple et cela tranquillise tant d'esprits mal assurés.
En réalité, je fais mon travail comme je le trouve bien, en recherchant une expression différente de la peinture classique. Après mes études d'art, j'ai abandonné le triste chemin des paysages et des natures mortes pour me consacrer à un sujet beaucoup plus passionnant: la nature humaine, la personne seule dans son milieu, sans chercher à savoir d'où elle vient, en ne m'attachant qu'aux impressions nées d'un moment souvent vécu. N'attendez donc pas de moi des tableaux «jolis».

"Fallen Lallen Stürtzen", dispersion sur toile, 230 x 190, 1985.
En nous présentant ainsi son travail, lors de son passage à Genève, Elvira Bach précisait sa volonté de ne peindre que selon ses impulsions.
Dans ses toiles, qu'elle compose la nuit, des femmes excessivement maquillées vivent ou rêvent les phantasmes les plus divers sans sembler y éprouver un soupçon de plaisir. Ce n'est pourtant pas par manque d'efforts, mais les deux noirs qui entreprennent, ou finissent, de concert, cette femme blanche évoquent plus le fastidieux travail de malaxage que le délicat rapport érotique. De même que le serpent qui se glisse entre ses cuisses ne réussit à ressusciter la froide amazone, la peinture d'Elvira Bach évoque l'ennui et la lassitude.
Ce qui semblerait relever de la provocation tient en réalité de la caricature de ses problèmes de communication, mais si elle tient à se livrer, elle ne veut éclairer le fond de sa pensée afin de laisser à chacun des possibilités de réaction personnelle.
Rien n'est pourtant laissé au hasard, chaque tableau naît d'une idée qui mûrit lentement avant d'être réalisé rapidement, impulsivement avec une peinture qui sèche vite pour ne pas briser l'élan. Ainsi naissent ces sosies d'Elvira Bach qui surprennent et suscitent tous, les sentiments, sauf l'indifférence; ont-ils un souhait secret à exprimer ? Elle ne l'expliquera pas, son moyen d'expression est la peinture.
Jacques Magnol. L'Impact. juillet-août 1985
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Née en 1951 à Neuenhain/Taunus Elvira Bach vit à Berlin où elle a terminé ses études à l'école supérieure d'art en 1979. Après sa première exposition dans une boucherie berlinoise en 1978, elle fut rapidement remarquée et expose, depuis, régulièrement en Allemagne, en Hollande, en France. Présentée depuis deux ans à la Foire d'Art de Bâle, elle exposa pour la première fois en Suisse en mai dernier à Genève.
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