Pierre Letellier

 

Oh peindre une nature morte et la rendre vivante...

 

C'est comme faire un beau rêve et le réaliser»
« La pire des choses dans la vie, c'est de passer indifférent, vide, endormi, non concerné. La vie c'est aimer avec passion, ce qu'on fait, quand on le fait, et y croire, y croire, y croire.» Pierre Letellier y a cru, dès les débuts difficiles quand il suivait, le soir, les cours de l'Ecole des Beaux-Arts de Caen il y a quelque quarante-cinq ans, et même quand le succès tardait trop.


«Avant la répétition », pastel 50 x 64.1 cm.

Au premier plan de ses passions, la nature, et principalement les marais où rôdait le jeune chasseur muni d'armes et de carnets de croquis. Par bonheur, la logique de l'artiste a prévalu et il n'aborde plus les animaux qu'avec respect. « Le contact, l'approche, la connaissance des animaux enlèvent l'envie de les voir morts. (...) Comment peut-on, d'ailleurs, ne pas aimer, ne pas respecter un animal?»
II n'en garde pas moins un intérêt pour ses « histoires d'eau» où la « nature nous montre sa plus fantasque variété. C'est le paysage au monde le plus changeant. Jamais le même, jamais pareil, à deux minutes près. Un nuage passe, le vent souffle, le soleil tourne, la pluie menace ou tombe. » Une sensibilité qui le conduit naturellement à illustrer les livres d'autres passionnés tels Maurice Genevoix, Jean Giono ou Joseph Kessel.


"Fossé au temps de neige", huile sur toile, 72 x 52 cm.

Ne classons cependant pas Letellier dans les peintres animaliers ou «de marais», d'abord parce qu'il n'a pas peint ces derniers depuis plus d'un an, mais aussi parce que sa réussite artistique incontestable lui permet d'assouvir ses rêves de voyage et ouvre inévitablement son horizon; les thèmes sont cependant éternels: les fleurs «ça vit, ça bouge et pourtant elles sont classées dans les nature morte », les ports «mes beaux bateaux disparaissent.
Le fonctionnalisme fait que le mât au milieu du bateau est une gêne pour le travail et la manoeuvre à bord. On nous avait déjà pris les voiles, maintenant les mâts », les pastels « mes rêves; mais voilà ça prend deux à trois fois plus de temps qu'une peinture», la neige, les nus, et d'autres thèmes «car c'est passionnant de creuser un sujet, le traiter à fond et de passer à autre chose. Essayer de le faire, et de réussir,sans rien a devoir à personne, c'est une autre affaire.

Jacques Magnol - L'Impact - novembre 1987

Pierre Letellier qui réside maintenant dans le cantton de Vaud expose en permanence à Neuchâtel: dans le cadre de l'exposition «Des animaux et des hommes» au Musée d'ethnographie jusqu'au 15 novembre.

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