Gilbert Mazliah
"À la recherche de soi"
Vingt ans de peinture, occasion pour Gilbert Mazliah de dresser le bilan de son évolution au travers de la large rétrospective organisée par le Manoir de la Ville de Martigny. L'ensemble, très cohérent, retrace la longue naissance d'une personnalité, d'un style d'expression et d'une technique qui s'affinent sans cesse. Sa peinture est un voyage dans une société actuelle mais aussi dans son monde intérieur qu'il voudrait connaître, «quand je travaille, j'ai l'impression de parcourir un chemin, avec ses surprises, ses épreuves et ses joies; je suis toujours plus curieux de voir où il m'emmène. Je le transforme en marchant-peignant et il me transforme. Chaque toile exprime un état spécifique du parcours et essaye de montrer l'aspect universel d'un problème personnel ».

Cycle de la Jonction 4: «La marche», 1985. Technique mixte sur toile, 195 x 146 crn.
Pour parcourir ce chemin, le thème de l'Homme qui marche s'est imposé et s'est adjoint l'animal allié, le Renard, qui le guide et l'amène à l'entrée de la caverne, où il va rencontrer l'Homme allongé et son monde intérieur. «Dans le silence de la caverne ce sont les problèmes les plus cruciaux de notre monde contemporain qui resurgissent.
Le «marcheur» s'est agenouillé auprès du «dormeur» et il impose ses mains sur son torse: le corps de l'homme étendu est en guerre, il est rempli de soldats qui s'enlisent dans un magma en fusion. Ces visions apocalyptiques rappellent, par exemple, les images télévisées de la guerre Iran-Irak, ou bien celles relatives au problème de la pollution. A Bâle, où j'ai montré pour la première fois ce travail, on m'a dit qu'il faisait penser au rouge du Rhin pollué.

«Marche dans le désert». 1984. Technique mixte sur toile, 130 x 162 cm.

Suite de la caverne 1: «Deuxième approche de la femme noire», 1986. Technique mixte sur papier marouflé, 97x 128 cm.
Au lieu de faire l'autruche, d'oublier ou de se sentir impuissant, l'homme concentre son attention sur ce corps-terre malade, et il pétrit cette pâte en ébullition, essayant de transformer ses énergies négatives en énergies positives: c'est l'apparition des cerfs qui émergent de cette boue, apportant avec eux l'espoir. »
Gilbert Mazliah. Rétrospective 1968-1987. Manoir de la Ville de Martigny
Jacques Magnol. L'Impact, avril 1987.
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Gilbert Mazliah vit et travaille à Genève, où il est né en 1942. Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts, il enseigne à l'Ecole supérieure d'art visuel depuis 1979. L'artiste partage son temps entre sa pratique artistique et son enseignement. Centrées autours des problèmes de la créativité et de l'homme à la recherche de lui-même, ces deux activités s'enrichissent mutuellement et se manifestent dans des domaines variés: dessin, peinture, gravure, sculpture, photo, performance, écriture, etc.
Depuis sa première exposition en 1970, il expose régulièrement en Suisse et à l'étranger et reçoit un accueil particulièrement positif dans les pays nordiques.
Ses toiles, acryl et technique mixtes, se vendent (en 1987), selon les formats, entre 2500 et 10 000 francs.
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