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Paul Reyberolle
La peinture à bras-le-corps
La peinture de Paul Rebeyrolle est destinée à créer des émotions identiques à celles que l'on peut ressentir devant la terre, les orages, les fleuves, tous les éléments du spectacle de la nature. Afin de provoquer le choc, il tourne le dos à la peinture philosophique, à la sophistication inutile qui représente un obstacle à l'authenticité, pour rechercher le rapport direct qui facilite la communication. Selon sa façon
très personnelle de s'exprimer, Rebeyrolle peint, colle, pétrit
ou bricole; il inclut des éléments du thème pour
rendre le tableau plus expressif: un chien aura du poil, la nature de
la terre, un prisonnier de l'étoffe, du grillage, etc. C'est
le sujet qui dicte la technique et les moyens plastiques. Cette manière
de prendre les éléments à bras-le-corps pose naturellernent
de gros problèmes techniques dont la résolution ajoute au
plaisir de peindre tout en provoquant une remise en question perpétuelle.
Peinture de choc qui
dénonce jusqu'au bout avec fureur toutes les formes d'oppression
sociales, politiques ou religieuses, elle est intimement liée aux
événements. Selon son propre aveu, Rebeyrolle a besoin du
support politique pour atteindre son paroxysme. La série des "Evasions
manquées" est une réaction contre toutes les occasions
manquées où nous n'avons pu être nous-mêmes
pour cause de conformisrne ou d'aliénation. La dernière
"On dit qu'il a la rage" concerne les procès d'intention,
tous ces gens accusés à tort, ceux que l'on empêche
de s'exprimer car ils ne pensent pas dans la ligne du pouvoir. Résistant
à toutes les formes aliénantes des Autorités, Rebeyrolle
se bat et vit sa peinture comme un acte.
Ce peintre de notre histoire reste pourtant optimiste quant à notre salut : "J'ai confiance en l'homme mais pas dans les sociétés car tous les pouvoirs sont oppressifs et désirent uniformiser l'esprit humain pour mieux le soumettre, le contrôler. Je ne peins pas spécialement le crime ou la torture, mais surtout l'impasse intellectuelle qui les secrète. Où va l'espèce humaine? Personne ne propose de solutions et pourtant nous ne pouvons suivre cette voie, ce serait la fin de l'humanité. Je reste cependant confiant pour l'avenir devant l'immensité des ressources humaines, l'homme réagira, il n'est pas "con" à ce point-là." Jacques Magnol. L'Impact 1985 |
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Paul Rebeyrolle est décédé, lundi 7 février au matin, à Boudreville-en-Bourgogne (Côte-d'Or) à l'âge de 78 ans. Paul Rebeyrolle, né à Eymoutiers en 1926, s'est imposé comme l’un des peintres majeurs dans l’art français du XXème siècle. Son œuvre puissante, violente mais généreuse est un appel à la liberté, une révolte contre l'injustice, l'intolérance, l'asservissement de l'homme et de la nature; un véritable témoignage de notre temps. Voir le site de l'Espace Paul Rebeyrolle |
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