Le Tessin et l'architecture

 

Les architectes tessinois dialoguent avec l'environnement

 

Serait-ce un des effets bénéfiques de la démocratisation de la culture une retombée de l'effort engagé par les voyagistes pour vendre les circuits de «tourisme intelligent»? Jamais le circuit européen n'a tant vanté, avec plus ou moins d'honnêteté ses mérites culturels prestigieux. Le kitsch, exigé par les hordes saisonnières grandes consommatrices de « moins-disant» touristique, est enfin combattu par les régions conscientes (et confiantes) des atouts de leur propre identité.


Mario Botta. Banque du Gothard, Lugano.


Mario Botta. Banque du Gothard (guichets), Lugano.

Le voyageur qui arpente les ruelles du village, à la recherche de l'immortel cliché d'une vieille dame en costume du pays, n'emporte qu'une «image fausse, pseudo folklorique du Tessin», s'insurge Marco Solari, le directeur de l'Ente Ticinese per il Turismo, qui lutte depuis dix ans contre la tendance à réduire son canton à ces images d' Epinal.


Luigi Snozzi. Intérieur du gymnase de Monte Carasso. Photo Eduard Hueber.

«Tourisme Intelligent»
C'est avec raison que les autorités ont supprimé la Fête des fleurs de Locarno, dont toutes les fleurs devaient être importées; l'alternative culturelle existe, grâce aux festivals de théâtre, de ballet, de musique, de cinéma, etc., qui puisent dans le répertoire international, mais il y a un secteur, au moins, qui a une tradition régionale plus que millénaire: l'architecture. En fait, le Tessin, cette région de 280.000 habitants, abrite une concentration de constructions d'une variété et d'une haute qualité architecturale unique en Suisse: la vitalité de sa création contemporaine est, depuis vingt ans, renommée dans le monde entier et, par un juste retour des choses, son atout culturel le plus naturel, le plus élitiste. C'est une richesse qui n'est pas seulement à mesurer en terme d'architecture mais aussi de terroir, de signification.


Poste de bellinzona (guichets). Architecte : Aurelio Galfetti
Photo M. Pacciorini JOB.

Le sujet peut sembler difficile tant l'architecture est, en général, le maillon le plus faible de notre culture: combien ne peuvent citer que Borromini et Le Corbusier parmi les architectes suisses et situent Botta en Italie ? Combien d'élus politiques, qui ont, en plus, la charge de ce secteur, font preuve là comme ailleurs, d'une dramatique inculture?
Des architectes, on ne connaît généralement que les stars et les grands projets; de fait, ils recherchent peu la communication et certains, parmi ces stars, ne cachent pas leur mépris pour les étrangers à leur art, erreur monumentale, le progrès passe par le conseil en architecture, la communication avec le grand public et la formation des élus, qui décident.


Mario Botta. Photo J.M.

Au Tessin, nous ne remonterons pas aux origines de cette tradition artistique que certains rattachent aux Maestri comacini, ces maîtres architectes et sculpteurs qui, depuis l'édit du roi lombard Rotharis en 643, parcouraient l'Europe, construisant églises et palais, forteresses et monastères; il est plus d'actualité d'aborder ce phénomène contemporain et clairement localisé que représente l'architecture tessinoise et dont l'affirmation sur la scène internationale ne date que de 1968.

En fait d'Ecole, il serait plus juste de parler de tendance, d'une juste ouverture face au problème de l'insertion de l'homme dans son territoire. Malgré une très forte concentration d'hommes de l'art: plus de 35 architectes /10 000 habitants - soit neuf fois la moyenne française ou quatre fois l'allemande - le renouveau date de 1930 et ne concerne qu'un petit groupe d'aînés: Carlo Tami, Rino Tami, Augusto Jäggli et Alberto Camenzind. Ces pionniers ouvrirent la voie à la génération suivante, celle des stars: Tita Carloni, Ivano Gianola, Aurelio Galfetti, Luigi Snozzi, Dolf Schnebli, Livio Vacchini et le plus impétueux: Mario Botta.

Concrètement, une visite bien construite devrait commencer par la bibliothèque cantonale de Carlo et Rino Tami, premier jalon de cette nouvelle Ecole et construite en 1942 à Lugano; la fin de ce voyage dans cinquante ans d'histoire comprendrait la Banque du Gothard (édifiée fin 1988) de Mario Botta, toujours à Lugano, et Monte Carasso dont la reconstruction est actuellement conduite par l'utopiste Luigi Snozzi. Snozzi qui, lui, rêve de construire de vraies villes au lieu d'édifices de prestige; «si seulement il y avait encore de l'espace en Suisse, et des jurys de concours suffisamment courageux».
Le circuit empruntera naturellement le plus important facteur de désenclavement tessinois: l'autoroute qui engendra «l'effet Gothard». Cette voie rapide de communication, Rino Tami, son architecte, l'a voulue belle, respectueuse de l'environnement et la bataille fut rude contre les constructeurs alémaniques, tenants d'une pseudo-vérité et grands admirateurs du kitsch auto-routier. La conception de Tami ne suscita pas du tout un enthousiasme immédiat, elle fut toutefois retenue par les autorités tessinoises qui, les premières, prirent conscience de la nécessité de préserver l'équilibre naturel; une attitude salvatrice après tant de dégâts du point de vue formel. N'en concluons pas trop vite que les rapports avec l'environnement sont idylliques, passons sur les altérations lamentables du paysage, les heurts fatals du tourisme de masse, la spéculation « continue de ronger, comme un cancer, la beauté naturelle du paysage ».


Rino Tami. Entrée sud du tunnel autoroutier Monte San Salvatore à Melide.

Stefano Micheli, qui travailla avec Livio Vacchini, constate, navré: "ils ont exporté une architecture de très haut niveau; et un observateur, même sans préjugés, reste pantois à la vue du Monte Bré.".
De récentes enquêtes ont montré que 40% des permis de construire échappent aux architectes; les réalisations de cette nouvelle école ne représentent que le 1 % de ce qui est construit dans le Tessin et concernent une quarantaine d'architectes. Pour ne point se faire trop d'ennemis, nous ajouterons, qu'en comptant les néos, les post-modernes et les épigones, le mouvement peut englober une centaine d'éléments !

Mugno n'aura Pas d'église, Evry gagne une cathédrale !
Les autobus déversent des milliers de touristes devant la Maison ronde (ill.) de Mario Botta à Stabio, dans les châteaux restaurés par Aurelio Galfetti à Bellinzona (ill.), des élèves s'épanouissent dans les écoles de Livio Vacchini qui fleurent si bon le terroir et la convivialité. la Poste de Bellinzona (ill.) également de Galfetti, est un bel exemple de l'irruption de l'art dans les édifices public - à condition de faire abstraction de l'incongru vitrail dans la salle des téléphones.
Mario Botta conçoit actuellement un complexe commercial pour le centre de Tokyo, un musée d'art moderne pour San Francisco, il a achevé la construction d'un théâtre à Chambéry, et pendant ce temps, le peuple s'acharne contre les nouveaux projets.
Il fut, par exemple, demandé à Botta (ill.) de concevoir une église pour le village de Mogno, en remplacement de l'ancienne détruite par une avalanche; le projet fut refusé... il sera réalisé ailleurs, à Evry près de Paris, où la «grande sœur de Mogno» sera la première cathédrale construite en France depuis plus d'un siècle!

Or, l'opposition ne vient pas même d'un grand public à tort qualifié d'inculte; à Locarno, par exemple, un professeur des Arts appliqués, particulièrement aigri, réussit à bloquer tout courant novateur par une connaissance précise de la procédure. L'architecte doit alors endosser la robe de l'avocat: une partie de son temps pour penser l'architecture, l'autre pour plaider, convaincre.
L'existence de nombreuses constructions, réparties dans tout le canton, prouve que ces novateurs réussirent avec brio ces deux missions. Commandes publiques et privées se sont accélérées depuis le réveil économique des années 70 (entre 1972 et 1975, on construisit plus d'une vingtaine d'écoles.)

La région bénéficie depuis de l'apport de bâtisseurs dont la passion pour l'art de l'architecture passe avant l'aspect commercial et bureaucratique du métier. «lls ont toujours manifesté un certain goût du risque, affirmant ainsi l'autonomie critique de l'intellectuel par rapport aux contraintes, aux normes rassurantes et aux concessions du simple professionnalisme."
Aujourd'hui, c'est ici que l'on vient chercher les « maîtres »: le Tessin prête aux grandes écoles d'architecture de nombreux enseignants: Mario Campi, Florat Ruchat, Fabio Reinhardt à l' Ecole polytechnique de Zurich , Luigi Snozzi à l' Ecole polytechnique de Lausanne, Peppo Brivio, Tita Carloni, Bruno Reichlin à l'école d'architecture de l'université de Genève.


Livio Vacchini. Bureau d'architecture. Locarno.

Le phénomène de l'éclosion de l'architecture tessinoise naît probablement du concours de circonstances tout à fait particulières et actuelles, des contradictions qui ont secoué le Tessin de ces dernières décennies le passage sans transition, mais tumultueux, d'une structure rurale et para-industrielle à la structure actuelle où prédomine, et parfois même domine, le tertiaire.
La persistance d'anciens et solides aspects culturels et sociaux au milieu de formes avancées de la vie urbaine; la disponibilité à l'expérimentation et au risque d'une certaine partie des forces dominantes locales; l'intégration du Tessin dans le système des grands trafics européens; la survivance de formes d'artisanat qualifié dans les structures locales de l'industrie du bâtiment et ne l'omettons pas, le fait que les bons architectes tessinois contemporains ont vécu - presque tous - une longue saison de résistance culturelle (Rencontre "Tourisme et Architecture" Bibliothèque cantonale, Lugano).

Prend-on les clients pour des vaches ?
«Notre société malade de pollution est en train de redécouvrir la valeur de cette architecture qui lie directement l'homme à la nature. Mais les besoins ont changé. (...) Le besoin de construire d'une manière rustique a été remplacé par l'amour pour le «style rustique»: avec les équivoques habituelles de l'ignorance et de l'ambition Ainsi, on vole ou on accapare pour ensuite les exposer dans les lieux les plus faux, de vieilles roues de chars, des meules de vieux moulins, des auges et des marmites transformées en pots de fleurs. D'un côté, on sauve et de l'autre on détériore» (in:Plinio Martini "Vallemaggia"). Aurelio Galfetti ne cachait pas son ironie dans ce restaurant fort coté de Lugano «Voyez ce crépi blanc sur les murs, le dallage, la porte d'entrée disjointe provient à coup sûr d'une ferme, les objets du décor, on se croirait dans une étable; prend-on les clients pour des vaches ?»


La "machine à laver", un jeu sur le volume que l'on retrouve souvent dans les nouvelles constructions.

Tous brocardent avec le même humour les fausses restaurations de façades, dont l'intérieur est entièrement vidé. Les réalisations tessinoises rompent avec l'idéologie des années 60, celle du bâtiment neutre par rapport à son environnement. Il y a au contraire affirmation de la personnalité, dialogue avec le paysage, avec l'histoire. Livio Vacchini qui prône une géométrie enrichie du rythme et de la variété, veut que ses constructions existent par elles-mêmes, qu'elles soient vues; bien qu'elles aient une apparence moderne, elles ne sont pas nécessairement basées sur des principes modernes. «Depuis des temps reculés, I'architecture a aidé l'homme à rendre son existence signifiante. A l'aide de l'architecture, il a obtenu une assise dans l'espace et dans le temps. L'architecture a donc un objectif qui dépasse la satisfaction de besoins pratiques et économiques. Son objet est la définition des significations existentielles. Les significations existentielles procèdent de phénomènes naturels, humains et spirituels. L'architecte les traduit en formes spatiales. Dans l'architecture, la forme spatiale signifie lieu, parcours et domaine, c'est-à-dire la structure concrète de l'environnement» (Christian Norbert-Schulz. La signification dans l'architecture occidentale).

Premier acte: reconnaissance du territoire
Cette confrontation avec l'environnement occupe toute la scène de l'Ecole tessinoise. Pour Mario Botta «dans le projet d'une architecture, le premier acte est la reconnaissance de son territoire. Entre l'architecture et le territoire, il existe un rapport continu de dépendance réciproque, qui s'instaure dès le début du projet. Le rapport entre l'architecture et son territoire n'est pas un rapport fixe, mais un rapport continu, dynamique, qui se précise à travers le processus du projet et se consolide en un nouvel équilibre au moment de la réalisation de l'œuvre. La réalisation terminée, ce rapport redevient dynamique, pluriel et change continuellement. On peut dire que le territoire dialogue avec son architecture de façon permanente, comme l'évolution du temps et de l'histoire.


Rino Tami. Entrée sud du tunnel autoroutier Piumogna à Faido. Photo Pino Brioschi.

Entre l'architecture et l'environnement (construit ou naturel, peu importe), il subsiste par conséquent un réel rapport d'échange (donner-recevoir), réciproque et continu. Je crois que c'est de l'intensité de cet échange que dépend directement la qualité de chaque opération architecturale. Ce que j'aime de l'architecture, ce n'est pas l'objet mais les relations (spatiales émotionnelles, etc.) qu'elle réussit à établir avec son propre « environnement ». C'est dans ce rapport, et dans l'insistance d'en comprendre les différents sens, que se situent ma recherche, mon mode de faire et d'interpréter l'architecture» (Mario Botta. Conférence: Architecture et environnement.)
Concrètement, ce mode d'interpréter l'architecture est aisément lisible dans les réalisations de tous les tenants de la tendance tessinoise. Dans un texte sur les réalisations de Botta, mais qui s'adresse également aux autres, François Chaslin précise «Botta nous a rendu le plein. C'est peut- être un de ses apports essentiels que d'avoir domestiqué les baies, portes et fenêtres, qui s'alignaient comme à la parade sur la surface des bâtisses, y dessinant des motifs identiques et dispersés dans une répétition régulière qui détruisait en partie la forme. Il nous a rendu le volume (...) C'est une voie nouvelle pour l'architecture. La façade cesse de n'être qu'une maigre enveloppe toute percée. La peau de l'édifice se plie, se retourne; l'intérieur et l'extérieur sont en continuité et le parpaing, matériau unique, assure leur cohésion. Dehors il est gris, un peu rêche, dedans il est blanc et plus doux; il est à la fois coquille et écrin. L'insertion de l'intimité se fait harmonieusement dans une carcasse pourtant dure: ainsi la nacre à l'intérieur de l'huître ou la membrane moelleuse dans la noix» François Chaslin. "Mario Botta".
Le côté rêche, dépouillé, frappera tout observateur, le parpaing à l'extérieur, à l'intérieur; le dépouillement, l'absence de tout artifice font partie intégrante de la tradition tessinoise: la région était trop pauvre pour se permettre une quelconque fantaisie. L'art des anciens était « la réponse immédiate aux problèmes posés par le travail quotidien, la conformation du terrain, la transhumance, le besoin d'économiser, autant que possible pas et fatigue. L'orné était plutôt rare, et en tout cas modeste, simple, sûr. Seul le sentiment religieux créait la place pour une peinture, ou poussait une femme à la patience d'une broderie. Mais on ne peut ne trouver dans les maisons, que le dépeuplement nous a conservées intactes, un coin qui n'ait son utilité, on ne peut imaginer des surfaces construites où l'espace soit plus économiquement distribué » Plinio Martini "Vallemaggia"


Mario Botta. Maison Ronde. Stabio.

«Le parpaing, le plus humble des matériaux, devenu NOBLE par la force du talent» Reiser : "La maison ronde de Mario Botta", Charlie Hebdo 1984
La pauvreté traditionnelle du Tessin aura eu l'effet bénéfique de stimuler la création par la recherche de solutions peu coûteuses, tout en préservant la dignité de l'homme, des matériaux et de vue strictement linguistique, ces bandes un certain sens, c'est plus le budget que l'architecte qui décide du choix des matériaux: Botta a pu se permettre d'utiliser le granit (ill.) pour la Banque du Gothard (budget Fr. 130 millions, y compris l'achat du terrain), mais Snozzi n'a d'autre choix que le béton pour cette maison familiale de quatre étages à Monte Carasso (prix de la construction Fr. 300.000). Matériaux différents, solutions identiques, nous retrouverons dans les façades, aux bandes de couleurs différentes, une manière de souligner la dimension monumentale, unitaire de l'ensemble.

"Je cherche à utiliser les matériaux les plus humbles, mais avec le désir de leur offrir une certaine dignité. De matériau, il n'en existe ni de riche ni de pauvre. Les bandes de couleur relèvent d'une idée ancienne - architecture islamique, architecture occidentale (Florence, Sienne, etc.), mais aussi architecture paysanne du Tessin et d'ailleurs. Du point de vue strictement linguistique, ces bandes donnent une allure, une monumentalité que le bâtiment simple, sans ces bandes, ne pourrait avoir.
Dans les villages, c'était un signe qui différenciait le bâtiment civil de l'étable: souvent les gens utilisaient la couleur, parfois simplement du sang de porc ajouté à de la chaux pour faire un peu de rose, pour donner un peu de dignité. C'est la richesse des pauvres, en un certain sens, de vouloir donner cette dignité»


Aurelio Galfetti. Restauration du Castelgrande, Bellinzona

L'amour sous les étoiles…
Un des éléments qui tient une place primordiale dans l'architecture tessinoise est gratuit : la lumière; tous déploient des trésors d'ingéniosité pour la faire parvenir dans les pièces les plus enfouies -voir le gymnase de Monte Carasso ou la salle de conférence de la Banque Raiffeisen dans le même village - ou les plus hautes: le plafond des chambres, toujours au dernier étage, est une verrière. « Les chambres s'ouvrent totalement sur l'extérieur, par de grands pans vitrés; on y participe complètement au climat, au soleil ou à la brume, au jour et à la nuit; on ne peut y dormir qu'à la «belle étoile». La pluie se fracasse à grand bruit sur les verrières, les éclairs des orages inondent les maisons de leur lumière bleue d'acier. La neige, sans doute, coiffe pendant l'hiver les lanterneaux d'une couette douillette» François Chaslin "Mario Botta". Tous les éléments que nous examinons ont un rapport indéniable avec l'environnement, ce n'est cependant pas un rapport de dépendance, l'Ecole tessinoise, au contraire, s'affirme, elle réagit à cet environnement. «Un des malentendus qui réapparaissent toujours dans l'évaluation des rapports entre architecture et environnement, est que toute nouvelle intervention architecturale est subordonnée à une supériorité des valeurs du contexte existant (...) Je crois que cette attitude exprime peur et méfiance envers toute nouvelle expression, plutôt que sensibilité et attention pour les valeurs existantes.

Commissions Perverses et corrompues
Cette façon d'interpréter les rapports entre architecture et environnement a directement influencé la majeure partie de la législation et a conditionné le «bon sens commun», sans toutefois toucher aux opérations spéculatives sur le territoire. Dans cette optique; on peut noter à quel point la tutelle des valeurs de l'environnement est le plus souvent confiée à des associations ou commissions de protection, dont le sens esthétique pervers et la corruption culturelle des adeptes semblent sans limites, à en juger par ce qui a été réalisé ces dernières années.
Contrairement à ce comportement, je pense qu'il nous faut accepter plus simplement l'évidence des faits, et une fois la légitimité de l'intervention reconnue, la reconnaître comme occasion pour une nouvelle transformation. On devra parler alors non de protection mais de promotion des valeurs et des témoignages du paysage» ( Mario Botta). « Ainsi, l'architecture comme expression formelle de l'histoire saura être un témoin des aspirations, des inquiétudes et des espoirs de notre culture».

Jacques Magnol - L'Impact.

Bibliographie:
De très nombreux ouvrages traitent tant de la nouvelle architecture tessinoise que des architectes individuellement.
Un excellent guide pour le voyage : "50 ans d'architecture au Tessin 1930-1980" répertorie et explique 238 réalisations de 1928 ill 1982. Edité en italien par la «Rivista tecnica della Svizzera italiana», il comprend une histoire de l'architecture tessinoise par un spécialiste: Tita Carloni.
«Le fond du sac» par Plinio Martini.
«50 Anni di architettura in Ticino» ed. Rivista tecnica delta Svizzera italiana, Lugano 1982
«Mario Botta: progetti e architetture» ed. Electa, Milano 1983
«Luigi Snozzi» ed. Electa, Milano 1984
« Rino Tami » ed. Fondazione Arturo e Margherita Lang, Lugano 1984
«Livio Vacchini» ed. Gustavo Gili, Barcelona 1987
«Aurelio Galfetti» ed. Gustavo Gili, Barcelona en préparation

Pratique
L'accès au Tessin est maintenant grandement facilité par les liaisons autoroutières et aériennes. Les nombreuses possibilités offertes par Crossair servent tant le tourisme que les affaires. Cette région éminemment touristique recèle bien sûr les plus hautes qualités hôtelières et gastronomiques, mais une bonne intégration passera par la cuisine locale et pourquoi pas par le logement dans une de ces maisons tessinoises anciennes dans le Vallemaggia les « rustici», ces constructions en pierre vieilles de 200 à 300 ans. (inf. Off. Tour. 092/8718 35). Une manière de découvrir le «genius loci ».

L'Ente Ticinese per il Turismo, case postale 1441, 6501 Bellinzona, a publié un programme de visite architecturale. Tél.: 092/25 70 56 Bellinzona.

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