Franz Erhard Walther

 

L'autre notion de l'oeuvre, de la perception, du matériau, du temps.

 


« Elle n'a pas besoin du corps », coton et bois, 250 x 270 x 36 cm. 1985.

Durant les années 60, l'accent mis , sur le média et ses répercussions culrelles introduisirent une nouvelle approche du travail et des matériaux dans les arts visuels. L'usage évident de structures temporelles fut réactualisé par le biais des précédentes influences Dadaïste et Futuriste; ce devint par la suite une préoccupation générale de l'avant-garde européenne et américaine.
Les tendances de ces années représentent généralement une confrontation avec le formalisme esthétique alors en vigueur dans les arts visuels. Le contenu de travaux pluridisciplinaires, tels ceux de John Cage, d'Allan Kaprow et d'autres tels le mouvement Fluxus, ou plus récemment ceux constitués de performances vidéo, d'installations sonores et d'autres formes multimédias, nécessita un nouveau contexte esthétique, par conséquent une nouvelle approche critique qui permette d'interpréter des expériences de perception plutôt que d'adopter des attitudes formelles que Michael Kirby dénomma « approche trans-sensorielle de l'art ».


« Avant la sculpture », coton et bois.
233 x 78 x 30 cm. - 134 x 34 x 20 cm. 233 x 34 x 20. 1985


L'artiste ouest-allemand Franz Erhard Walther s'intéresse à la relation entre la perception physique et la perception psychologique depuis 1963. En découvrant les limites des arts traditionnels et des catégories esthétiques correspondantes pour fournir la clé de leur dépendance, l'attention de Walther s'est détournée de l'objet d'art pour s'intéresser au spectateur et considérer un point de vue qui englobe le travail, les matériaux, le lieu et la dimension espace/temps.
Espace, temps, action, contradiction, sont les termes abstraits que Walther fait vivre dans son oeuvre; il crée des situations tridimensionnelles dans lesquelles le spectateur peut se confronter à ces concepts. En fait dans ces situations, le spectateur est un de ces concepts. Ainsi qu'il le définit lui-même, « l'association des concepts formels et verbaux doit être telle que les formes et les concepts ne puissent être distingués : les concepts ramènent aux formes et les formes aux concepts.
Quand j'atteins ce but, je ne suis ni descriptif, ni lyrique ou narratif; j'utilise alors le langage comme un matériau d'artiste, comme un sculpteur utiliserait la pierre et le fer."
Le but de Walther est donc de créer un nouveau langage visuel qui réponde à la sensibilité du spectateur moderne; il ne s'oppose pas à la tradition, il offre seulement de novuelels voies à l'expression artistique. Pour lui, quand  " l'art divertit seulement, il appartient à l'industrie du loisir ! "
Le spectateur aura besoin d'un certain temps pour s'intégrer dans ces situations tri-dimensionnelles; ce'st seulement après qu'il saisira les idées contenues.

Jacques Magnol - L'Impact - janvier 1989
Propos recueillis à Genève, en novembre 1988.

Franz Erhard Walther, célébrité de l'art minimal, est né en 1939 à Fulda (Allemagne). Après ses études d'art, Beaux-Arts à Offenbach puis supérieures à Dusseldorf, il travailla de 1967 à 1971 à New York où le Musée d'art moderne (MoMA) exposa son travail. Walther travaille maintenant à Hambourg où il enseigne également à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts.

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